Carrare

Anguleuse révélation, le souffle aphone,

Vestibule Carrare, battement d’ondes; marbre d’autocratie: Je.

Lignes, en attractions ciselées, dévoilent vibrant val, lavent des crachas pétrochimiques.

Mausolée, cadence : polka du Je.

***

Angular revelation, the aphonic breath, 

Carrara vestibule, waves; marble of autocracy: I. 

Lines, chiseled sights, unveil vibrant val, wash petrochemical sputum. 

Mausoleum, cadence: polka of the I. 

Un ici

Un ailleurs où je te consomme, un ici où je te consume 
Un bateau à la dérive, des rives un bas tôt 
Une allée symétrique, une symétrie halée 
Un ailleurs où je te ici, un consomme où je te consume

Au mocassin le verbe

Tu me suicides, si docilement
Je te mourrai pourtant un jour.
Je connaîtrons cette femme idéale
et lentement je neigerai sur sa bouche
Et je pleuvrai sans doute même si je fais tard, même si je fais beau temps
Nous aimez si peu nos yeux
Et s’écoulerait cette larme sans
raison bien entendu et sans tristesse.
sans.

- Robert Desnos, Corps et Biens

Traverse

L’averse, l’inverse ligne trace, aversion noir, blanc chair, courbe baldaquin. Chemin de traverse.

Le Pont des Tombeaux

Sous le Pont des Tombeaux coule la Scène
Et nos amours passés
Faut-il que le souvenir revienne
Le silence vient toujours après la haine

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

La main sans ta main je contemple
Alors que sur
Le pont de Paris passe
Des flaneurs dont le spectacle m’agace

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

Le souvenir s’en va comme cette eau d’onde
Le souvenir s’en va
Comme le tonnerre gronde
Et la pétrochimie m’innonde

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

Passent les passions et passent les passés
Ni passé ce temps
Ni les souvenirs reviennent
Sous le Pont des Tombeaux coule la Scène

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

- Librement inspiré de Guillaume Apollinaire, Le Pont Mirabeau

Métro

Métro

Clapotis cliquetis clinquant

Claque clafoutis clameur

Clémente Chloé

Chlorophylle

Métro

<res•publica>

Regard neuf sur la chose,
Pudique classe Vendôme,
Un chemin vers la rue d’en face,
Un pas, deux ombres, roi de la minute.

Rien

La voix s’efface. La nostalgie s’efface. Le visage s’efface. Les souvenirs tracent et s’effacent. Rien. Rien. Rien. Morse du rien. Amorce rien. Un voyage pour rien. Un cycle pour rien. Le rien. S’efface. En rien. De rien. Merci. De rien. Le silence. Mieux que la farce. Pour rien. Cracher le venin. Pour rien. Chier le purin. Pour rien. Je t’efface. Rien

Traversée

Une prophète domestique,

 Clinquant rite mobilisant sa clique de rites cliniques.

 Traversée, poétique d’un adieu circulaire,

 Une larme pour un sourire.

 Ailleurs, C’est accepter d’être seule à deux.

L’Autre

Chevelure salie par le temps pétrochimique,

 Pierres acides et scintillantes, elle s’évoque l’Autre

 Comme un double à soi, l’Autre chimère,

 Son évasion vers l’arbre acoustique. 

Un, deux, trois

Je d’enfance, un, deux, trois, blanche romance,

 L’oracle et son chemin pavé de feuilles psychotiques,

 Ces luttes, l’entre-deux, fragment de celle qui ne voulait compter que jusqu’à

Trois. 

Télégraphe

Comme une onde, double illusion, illuminée perfusion d’audace,  

Ce chemin vers elle comme un signe télégraphe,

Captive des allusions d’un ailleurs, elle(s) reposent la ligne d’un doux épitaphe. 

Vanité / Vanity

Vanité. Le temps efface la couleur. 

Fenêtre sur cour, l’écho zone les murs du grenier. 

Une trace, icône dans le brouillard.

Sortir du mausolée des amants, par la grande fenêtre.

***

Vanity. Time erases the color. 

Window and the courtyard, the echo on the attic walls

A trace, icon in the fog. 

Leave the mausoleum of lovers, by the large window.