Le Pont des Tombeaux

Sous le Pont des Tombeaux coule la Scène
Et nos amours passés
Faut-il que le souvenir revienne
Le silence vient toujours après la haine

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

La main sans ta main je contemple
Alors que sur
Le pont de Paris passe
Des flaneurs dont le spectacle m’agace

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

Le souvenir s’en va comme cette eau d’onde
Le souvenir s’en va
Comme le tonnerre gronde
Et la pétrochimie m’innonde

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

Passent les passions et passent les passés
Ni passé ce temps
Ni les souvenirs reviennent
Sous le Pont des Tombeaux coule la Scène

Vient le jour tonne la nuit
La trace s’efface je blêmis

- Librement inspiré de Guillaume Apollinaire, Le Pont Mirabeau

Télégraphe

Comme une onde, double illusion, illuminée perfusion d’audace,  

Ce chemin vers elle comme un signe télégraphe,

Captive des allusions d’un ailleurs, elle(s) reposent la ligne d’un doux épitaphe. 

Ce territoire // This land

Juste. Regarde. Dans le miroir. Demande toi. Pourquoi. Il n’y a pas. De chandelier. Seulement. Un reflet. Du Prieuré. Inhabité. Ce territoire.  Sans toi.  

***

Just. Look. In the mirror. Ask to yourself. Why. There is not. A candlestick. Only. A reflection. Of the Prieuré. Uninhabited. This land. Without you. 

Miroir qui craquelle

Craqueler les escaliers dans mon miroir,
Mon reflet aboli comme une trace ensevelie, lit liaison liturgie de mon miroir qui craquelle. Marelle mère quel silence dans mon miroir ces reflets d’absence.

***

Crack the stairs in my mirror,
My reflection abolished as a buried trace, my mirror’s liturgy. Mother, silence, in my mirror the reflections of absence.

Origine vert

Poser le nu palimpseste, s’effacer derrière le voile

Contempler la peinture, poser les cailloux irisés

Pupille symphonie, la découverte

L’origine de ton Vert soupir 

***

Pose the naked palimpsest, be erased behind the veil

Contemplate the painting, pose iridescent stones 

Pupille symphony, discovery 

The origin of your Green sigh 

Mais la vie de tout individu ne pourrait-elle pas être une œuvre d’art? Pourquoi un tableau et une maison sont-ils des objets d’art, mais pas notre vie ?
Michel Foucault, L’herméneutique du sujet, 1981-1982
21:11 

Nocturnes, censures, évacuation l’automatique, le voyage, l’ailleurs, perturbations anachroniques, carnavals posthumes, moitié en représentation, magma incohérent, bouillie crasse, luxure chromosome, écrire le purulent, ni onde, ni bien, ni gronde, ni feint, rythme, sans cadence, carnet.

Écrire à l’allure pour sublimer la carrure, forçant de l’inconsolée. Cintrer le vitalisme, lancinante réaction du contentement silencieux, mélodie banalité, maux, alignés, souffle, réflexion, j’aligne, j’aligne, j’aligne, les virgules, les points de régression, les parenthèses, les paraphes, la page suivante, loin, monologue, dialogue, bulle, l’incompréhension, rupture, remise de gaine, toi, toi enterré, toi ressuscité, toi crucifié, toi putride, dilué, jeu, je, j et eux, j’ai et puis e.

Moi. Recentrement. Représentation. Anglicisme du retour. Contrôles. Douces névroses. Point. Point. Points. Îlots accouchés. Charcuter les phrases. Déchiqueter le cygne. T’insulter. Chienne. Plaisir solitaire. Répulsion. Loin. Sphère conique. Iconique déchu.

État intermédiaire. Décaler à l’avancement le chaos la forme la forme, écrire c’est d’abord soi, culte, entre-deux moi sans moi, pages, trivialité, cru, la vermine verbillage avance, pas, pas, pas, trinité, petit seigneur de ce doux sentiment, créateur.

Dérégler son écrit et ne plus l’arrêter, nommer l’exercice. Gangrène et renouveau, nécrose ta greffe, lieu commun, je, je, je, je. Obsession je, me produire en série et contrefaçons. Taire la voix, entendre le je.

Evacuation

Tableau des gravillons bétonnés, 

la plainte étouffée par la bâche double face, 

l’envolée vers l’escalier jaune. 

Renaissance sans ivresse du toit. 

FIAT LVX

Fiat lux, et lux fuit. 

Coupole des idoles passées, 

Autel vénitien de ces rayons de vie. 

Marcher vers la lumière, et la lumière vacille. 

(Peine)ombre. Soleil funèbre, un après éclipse. 

***

Fiat lux, et lux fuit. 

Duomo of past idols, 

Venitian altar of these rays of life, 

Walk towards the light, and the light’s flickering. 

Sorrow and darkness. Mournful sun, an ‘after eclipse’ 

Ailleurs

Thérapie de l’ailleurs, chant nocturne de l’écriture automatique, divaguer, délier, nommer, inventorier, prise, caractéristique de ce moi décodé. 

Ces maux que l’on croit comprendre, promesses de l’aveugle quand en germe se trouvait le mensonge. Ton vers pourri dans la pomme, cracher le trognon dans ma gueule. 

Violence du mot, rage d’un nocturne de Chopin, la révolte interne, la contrefaçon. Contre-faire l’amour, contre-faire les maux d’amour, (dé)masquer l’imposture. 

Posture de l’hiver, silence de la cathédrale. Tombe lointaine, murailles pour les reliques des poussières d’optimisme. L’absence, se la représenter, j’apprends l’ailleurs. L’autre chemin, tristesse des deuils d’automne, enluminure du lieu commun. Finalement si décevant, pas si différent de l’Autre. 

(Boni)menteur et vendeur à la sauvette, pauvres âmes naïves attirées par la lumière. 

L’ailleurs, c’est le noir. Ce trou noir transfigure ton visage purulent de la tromperie. Je creuse pas à pas les murailles de ma prison dorée. J’attends l’ailleurs, j’annihile les talismans du toi, j’expédie, je délègue à l’armée des inconscients cette folie. Celle d’y avoir cru. La fin. 

Circuler

Y’a rien à voir,

Pas même un entre acte surprise, un printemps d’esquive, 

rien. Le rien, ce rien. Le bal masqué se fossilise, la plume transmute. 

Brouillard des signes, le grain sur ce souvenir. Un ailleurs, un autre, une illusion. 

Circuler, y’a rien à voir, pas même Venise, pas même les prémices du bonheur, pas même le pluriel d’impossible. 

Des maux aux mots, mots en mots. L’hibernation. Tunnel palimpseste, cette écriture je l’attends. J’attends mon printemps, sans toi. Sans toi. 

Vektor

 

Glabre Calabre tes marbres staliniens

 

Compositions ésotériques perspective fureur stridente

 

Ton vecteur rémanent accroche et crache

 

Sur ta factice tombe : Vektor